Annie Kurkdjian

Du 15 octobre au 25 décembre

Arts Visuels

Liban

Née en 1972, Annie Kurkdjian a enduré seize ans de guerre civile à Beyrouth, sa ville natale. Son enfance a été marquée par le bruit des bombes, la terreur, l'insécurité permanente... En tant qu'arménienne, elle a déjà résisté au traumatisme du génocide arménien à travers l'histoire de sa grand-mère. À l'âge de douze ans, alors que sa famille s'apprêtait à fuir le Liban pour la France, elle a perdu son père dans un meurtre féroce lors d'un hold-up. Le lendemain, elle a découvert des photos de son corps sans vie, criblé de balles, dans le journal. En tant que jeune adolescente, elle souffrait de SSPT (trouble de stress post-traumatique) et s'est rendu compte qu'elle devait trouver un exutoire à la détresse qu'elle ressentait. Après des études de management, d'art, puis de psychologie et finalement de théologie, Annie décide en 2005 de tourner la page et commence sa carrière d'artiste avec des expositions régulières en France, au Liban,, Bahreïn, en Jordanie et plusieurs autres pays. Ses peintures sont sobres et à la fois puissantes, elles représentent des êtres dans des postures torturées, monstrueuses. Parfois, ils se fixent sur le spectateur, avec un œil engourdi et des épaules voûtées, comme harcelés ou perdus. Leurs corps semblent disséqués, analysés, ils forment des images tremblantes et poignantes. Ces grandes toiles respirant la tragédie nous interrogent sur la vie elle-même. Selon Annie Kurkdjian, les réponses se cachent dans la sincérité de la démarche artistique: «L'art est capable de tout sublimer, la guerre, le crime, la honte, la maladie et l'enfer total». Partenaires : Institut français du Liban, Institut Français, Ambassade de France au Liban.