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Espace international de résidence artistique 
ouvert à toutes formes de création, de débats et de rencontres
Le Centre Intermondes : 
10 ans de résidences d’artistes (2005 - 2015)
par Guy Martinière

Créée à l'initiative du ministère de la Culture et de l'Alliance française, cette association dépose ses statuts à la préfecture de Paris le 12 mai. Ses statuts précisent qu'il lui convient «de favoriser les échanges et les dialogues entre les formes d'expression et les identités culturelles des peuples du monde». Un tel objectif fait directement écho à l'esprit du décret définissant les nouvelles missions du ministère de la Culture publié deux jours plus tôt le 10 mai 1982. Il revient au ministère de « contribuer au rayonnement de la culture et de l'art français dans le libre dialogue des cultures du monde ». Chérif Khaznadar assure la direction de la Maison des Cultures du Monde et sa directrice artistique est Françoise Gründ. Pour Jean Duvignaud, Chérif Khaznadar et Françoise Gründ, l'aventure de la Maison des Cultures du Monde commence. 

En 1983, à l'occasion de la tenue de l'un des nombreux colloques pourvoyeurs d'idées auxquels il tient tant, Jean Duvignaud propose de lancer une nouvelle revue l’Internationale de l'Imaginaire. L’éditeur d'Actes-Sud, Hubert Nyssen, reprend la revue dans sa nouvelle formule dix ans plus tard. En 1995, l'Unesco consacre la fondation d'une discipline nouvelle, l’ethnoscénologie. En 1997, la Maison des Cultures du Monde donne naissance à un nouveau festival, le Festival de l'imaginaire. En 1999, la ville de Vitré accueille la création d'un Centre de documentation sur les spectacles du monde. La voie est ouverte vers la création du Centre français du patrimoine culturel immatériel en application de la convention du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco de décembre 2001.
Ainsi, depuis 1982, avec la création de la Maison des Cultures du Monde, la politique culturelle extérieure de la France offre, grâce au dialogue des cultures du monde, une autre dimension au rayonnement de la culture française à l'étranger qui se trouve désormais ensemencée par l'accueil des cultures étrangères en France.
À La Rochelle, le 13 février 1982, Jack Lang inaugure la Maison de la culture qui deviendra La Coursive quelques années plus tard sous l'impulsion de Jacky Marchand. Quelques jours après, le 14 mai, le Musée du Nouveau Monde est ouvert au public à l'initiative de son député-maire Michel Crépeau. Puis la ville de La Rochelle poursuit sa route culturelle qui occupe une place reconnue dans le paysage artistique national. Dans le domaine de la danse contemporaine, elle se renforce avec la venue du Théâtre du silence, auquel succède le Centre chorégraphique national sous l'impulsion de Régine Chopinot puis de Kader Attou. Elle se développe encore avec l'essor du Festival international du film et les Francofolies. 

Lors de son retour à La Rochelle en 1999, l'imagination créatrice de Jean Duvignaud, qui cède sa place à la présidence de la Maison des Cultures du Monde à Émile Biasini, prend alors un nouveau tour. Avec la création de l'université « nouvelle » de La Rochelle en 1993, une des idées forces de Michel Crépeau, Jean Duvignaud accepte de faire partie du Conseil de gestion de la Faculté des langues, arts et sciences humaines (FLASH). Il convainc sans peine quelques-uns de ses jeunes collègues rochelais de mettre en œuvre cette pratique des colloques pourvoyeurs d'idées.
Ainsi, à l'initiative de Charles Illouz et de Laurent Vidal, est organisé dès le 26 juin 1998 à la Flash, le colloque « L'école buissonnière avec Jean Duvignaud ». En 2001, au moment où il lance l'idée d'un colloque sur le thème « Créer l'événement », Jean Duvignaud suggère au nouveau député-maire de La Rochelle Maxime Bono, qui vient de succéder à Michel Crépeau, d'organiser un groupe de réflexions autour d'un projet intitulé « Maison des humanités (Intermondes) ». Le colloque sur « Créer l'événement » se tient dans les locaux de la FLASH en mars 2002 alors que la Maison des Cultures du Monde commémore le 20e anniversaire de sa création. Le groupe poursuit ses réflexions autour du projet Intermondes et en 2003, elles aboutissent à la création d'une association appelée « Centre Intermondes». Les statuts de l'association sont déposés à la préfecture de La Rochelle le 6 août. Ils précisent que son objectif est « de mettre en place et d'animer à La Rochelle, en liaison avec les acteurs de la vie culturelle locale et régionale, un lieu d'accueil d'artistes, ainsi qu'un programme d'actions et de manifestations artistiques et culturelles s'articulant autour de la création dans toutes les disciplines. Autour de la réflexion, du débat entre artistes et de la rencontre entre créateurs et publics, il s'agit de revivifier (...) une démarche permanente de questionnement critique indispensable à l'existence même de la démocratie ». Jean Duvignaud est élu président d'honneur, et, parmi les sept membres fondateurs de l'association, figurent Chérif Khaznadar et Paul Virilio.
En 2006, deux conventions sont signées par le président du Centre Intermondes. L'une, avec la ville de la Rochelle, lui attribue les locaux de la Maison Henri II et le financement de leurs aménagements. Elle met aussi à disposition de l'association deux agents de la direction des affaires culturelles, Renaud Planade auquel succède en 2008 Édouard Mornaud, et Vincent Martin. Statuts et aménagement des locaux doivent beaucoup au directeur des Affaires culturelles de La Rochelle, Jean-Pierre Heintz, et à un ancien directeur de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, Claude- Olivier Stern. Le 9 février 2006, une autre convention est signée avec la Maison des Cultures du Monde, dans le bureau du député-maire Maxime Bono, par les deux présidents Émile Biasini et moi-même. Cette convention est signée en présence de Chérif Khaznadar et de Françoise Duvignaud. Jean Duvignaud, qui n'a pu se déplacer le jour de la signature rédige un texte lu par Françoise : « voilà des années, Michel Crépeau... quand il préparait la création de l'université, a souvent évoqué le pari qu'il faisait d'un centre ouvert à la Chine, au Brésil, à l'Afrique, où s'élaborerait peu à peu cette complicité internationale de l'imaginaire des cultures, seule réponse au fanatisme et aux stupides « chocs des civilisations ». Une promesse de bonheur dont Saint-Just disait que c'était une idée neuve. Bientôt, avec le printemps, j'espère que nous en reparlerons ensemble. La Rochelle est une ville en attente et en partance ». Le 17 février 2007, Jean Duvignaud nous quittait.
Les activités du Centre Intermondes ont commencé à naître. Les premiers artistes accueillis en résidence dans les locaux de la Maison Henri II arrivent à partir de septembre 2005. En cette fin d'année 2005, ces artistes proviennent du Cameroun, d'Australie, du Brésil et d'Irak. Dix ans plus tard, plus de 250 artistes ont résidé dans les locaux du Centre Intermondes. Ils sont originaires d'une cinquantaine de pays et proviennent en majorité de différents pays européens, mais aussi d'Asie, où l'Inde et la Chine occupent une place de choix. Du continent américain dans son ensemble proviennent près du quart d’entre eux. Puis l'Océanie, l'Afrique et le Moyen-Orient affirment leur présence. Certains de ces artistes ont d'ailleurs tenu à apporter leur témoignage pour montrer à quel point leur séjour au Centre Intermondes a joué un rôle dans l'évolution de leur parcours artistique et professionnel.
Différentes manifestations donnent matière à la tenue de débats et les interventions émanent surtout d'artistes et d'acteurs de la politique culturelle qui évoquent avec le public les raisons et les objectifs de la création. Dès 2004, certains de ces débats sont engagés afin d'aider à la réalisation d’échanges d'artistes. La liste des intervenants est impressionnante même si tous n'ont pas obligatoirement résidé dans les studios du Centre Intermondes. Il est difficile d'attirer l'attention sur certains d'entre eux plus que sur d'autres mais on peut relever quelques prestations exceptionnelles comme celle de Paul Andreu, de Paul Virilio, de Claude Hudelot, de Jean-Paul Duviols, de Betty Midlin, de Wajdi Mouawad, ou d'André Lewin. À ce propos, la conférence d'André Lewin, ancien ambassadeur de France en Inde, donne au Centre Intermondes l'opportunité de lancer à La Rochelle une série de plus de 75 manifestations intitulées « Les escales indiennes ». L'architecte Paul Andreu, ainsi qu’Alain Vauthier, évoquent pour leur part la Chine autour de l'Exposition universelle de Shanghai au moment de l'implantation de l'Institut Confucius à La Rochelle. Benoît Paumier sensibilise le public et les artistes rochelais autour de la tenue des « Saisons croisées France Vietnam »...
À partir de 2009-2010, plusieurs accords et conventions sont signés par le Centre Intermondes avec des institutions étrangères pour aider à la validation des échanges d'artistes. Tel est le cas au Brésil, en Australie, en Indonésie, en Thaïlande ou à Singapour. D'autres conventions concernent des centres du réseau culturel français à l'étranger, notamment certaines Alliances françaises comme celle de Bombay ou celle de Pondichéry en Inde ainsi que, tout récemment, celle de Manille aux Philippines. Le Centre Intermondes est même retenu comme l’un des acteurs privilégiés de la coopération décentralisée par des ambassades françaises et le ministère des Affaires étrangères, comme le montre l'organisation des Escales indiennes. Il peut aussi être un des interlocuteurs des conventions établies entre le ministère des Affaires étrangères et la ville de La Rochelle ainsi que le révèlent les manifestations de coopération décentralisée organisées avec la ville de Corrientes en Argentine ou la venue d'artistes africains et haïtiens grâce au concours de l'Institut français. Au demeurant l'établissement de tels réseaux de partenariat facilite le déplacement et l'accueil des artistes rochelais dans plusieurs pays étrangers. Ils sont aujourd'hui une quinzaine à connaître les horizons de l'Australie, de l'Inde, du Brésil, de l'Indonésie, de la Thaïlande ou des Philippines.
Depuis 2015, avec le soutien du Conseil régional accordé au Centre Intermondes, ce déplacement et cet accueil d’artistes étrangers à La Rochelle et des artistes rochelais à l’étranger, peuvent être étendus à un nouveau territoire couvert par l’ensemble des acteurs de toute la Région Poitou-Charentes. Ainsi, le Centre Intermondes est-il entré dans le réseau CARTEL qui fédère vingt et un lieux d’art contemporain en Région Poitou-Charentes.
Mais le Centre Intermondes n'est pas seulement un lieu privilégié d'échanges où interviennent les artistes et les acteurs de la politique culturelle autour de la création et où toutes les manifestations sont construites en partenariat avec d’autres institutions culturelles, artistiques et éducatives. 
Grâce à la collaboration de l'université de La Rochelle, des enseignants et étudiants du Master Développement culturel de la ville, plusieurs colloques et rencontres ont permis de confronter les différentes politiques engagées par les centres urbains et les métropoles régionales sur les politiques culturelles des villes, notamment celles de Bordeaux et de Nantes. De « L’école buissonnière avec Jean Duvignaud » et de la personnalité de Gaëtan Picon à la commémoration du 30e anniversaire de la création de la Maison des Cultures du Monde, nombre d’aspects des politiques culturelles de la France sont évoqués.
Avec le concours du Centre Intermondes et du Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA), commun aux universités de Nantes et de La Rochelle, et des formations rochelaises sur les Amériques et l'Asie Pacifique, dont l'institut Confucius, plusieurs approches des échanges culturels internationaux font l'objet d'analyses. Elles concernent les échanges culturels entre la France, le Brésil, le Québec-Canada, l'Inde et la Chine. Plusieurs publications témoignent de l'originalité de ce nouveau champ de recherche. Le Centre Intermondes est aussi partie prenante de la nouvelle formation de Master Image, Documentaire et Contenus Numériques qui vient d’être créée à l’Université de La Rochelle.
Ainsi, avec la création du Centre Intermondes, La Rochelle est devenue l’un des nouveaux lieux d'accueil des artistes étrangers en France. Et la ville est aussi devenue un des terrains d'expérimentation du dialogue des cultures, véritable laboratoire de l'analyse des échanges et rencontres entre la France et les cultures du monde.
Cet ouvrage, publié à l'occasion du 10e anniversaire de l'accueil des artistes en résidence dans les locaux du Centre Intermondes, réalisé grâce à Édouard Mornaud avec la collaboration de Francesca Giazzon et de Julia Jourdain, présente les différentes manifestations qui ont marqué nos activités depuis sa création.

Guy Martinière,
Président du Centre Intermondes, 
Professeur émérite des Universités.


Créée à l'initiative du ministère de la Culture et de l'Alliance française, cette association dépose ses statuts à la préfecture de Paris le 12 mai. Ses statuts précisent qu'il lui convient «de favoriser les échanges et les dialogues entre les formes d'expression et les identités culturelles des peuples du monde». Un tel objectif fait directement écho à l'esprit du décret définissant les nouvelles missions du ministère de la Culture publié deux jours plus tôt le 10 mai 1982. Il revient au ministère de « contribuer au rayonnement de la culture et de l'art français dans le libre dialogue des cultures du monde ». Chérif Khaznadar assure la direction de la Maison des Cultures du Monde et sa directrice artistique est Françoise Gründ. Pour Jean Duvignaud, Chérif Khaznadar et Françoise Gründ, l'aventure de la Maison des Cultures du Monde commence.


En 1983, à l'occasion de la tenue de l'un des nombreux colloques pourvoyeurs d'idées auxquels il tient tant, Jean Duvignaud propose de lancer une nouvelle revue l’Internationale de l'Imaginaire. L’éditeur d'Actes-Sud, Hubert Nyssen, reprend la revue dans sa nouvelle formule dix ans plus tard. En 1995, l'Unesco consacre la fondation d'une discipline nouvelle, l’ethnoscénologie. En 1997, la Maison des Cultures du Monde donne naissance à un nouveau festival, le Festival de l'imaginaire. En 1999, la ville de Vitré accueille la création d'un Centre de documentation sur les spectacles du monde. La voie est ouverte vers la création du Centre français du patrimoine culturel immatériel en application de la convention du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco de décembre 2001.

Ainsi, depuis 1982, avec la création de la Maison des Cultures du Monde, la politique culturelle extérieure de la France offre, grâce au dialogue des cultures du monde, une autre dimension au rayonnement de la culture française à l'étranger qui se trouve désormais ensemencée par l'accueil des cultures étrangères en France.

À La Rochelle, le 13 février 1982, Jack Lang inaugure la Maison de la culture qui deviendra La Coursive quelques années plus tard sous l'impulsion de Jacky Marchand. Quelques jours après, le 14 mai, le Musée du Nouveau Monde est ouvert au public à l'initiative de son député-maire Michel Crépeau. Puis la ville de La Rochelle poursuit sa route culturelle qui occupe une place reconnue dans le paysage artistique national. Dans le domaine de la danse contemporaine, elle se renforce avec la venue du Théâtre du silence, auquel succède le Centre chorégraphique national sous l'impulsion de Régine Chopinot puis de Kader Attou. Elle se développe encore avec l'essor du Festival international du film et les Francofolies.


Lors de son retour à La Rochelle en 1999, l'imagination créatrice de Jean Duvignaud, qui cède sa place à la présidence de la Maison des Cultures du Monde à Émile Biasini, prend alors un nouveau tour. Avec la création de l'université « nouvelle » de La Rochelle en 1993, une des idées forces de Michel Crépeau, Jean Duvignaud accepte de faire partie du Conseil de gestion de la Faculté des langues, arts et sciences humaines (FLASH). Il convainc sans peine quelques-uns de ses jeunes collègues rochelais de mettre en œuvre cette pratique des colloques pourvoyeurs d'idées.

Ainsi, à l'initiative de Charles Illouz et de Laurent Vidal, est organisé dès le 26 juin 1998 à la Flash, le colloque « L'école buissonnière avec Jean Duvignaud ». En 2001, au moment où il lance l'idée d'un colloque sur le thème « Créer l'événement », Jean Duvignaud suggère au nouveau député-maire de La Rochelle Maxime Bono, qui vient de succéder à Michel Crépeau, d'organiser un groupe de réflexions autour d'un projet intitulé « Maison des humanités (Intermondes) ». Le colloque sur « Créer l'événement » se tient dans les locaux de la FLASH en mars 2002 alors que la Maison des Cultures du Monde commémore le 20e anniversaire de sa création. Le groupe poursuit ses réflexions autour du projet Intermondes et en 2003, elles aboutissent à la création d'une association appelée « Centre Intermondes». Les statuts de l'association sont déposés à la préfecture de La Rochelle le 6 août. Ils précisent que son objectif est « de mettre en place et d'animer à La Rochelle, en liaison avec les acteurs de la vie culturelle locale et régionale, un lieu d'accueil d'artistes, ainsi qu'un programme d'actions et de manifestations artistiques et culturelles s'articulant autour de la création dans toutes les disciplines. Autour de la réflexion, du débat entre artistes et de la rencontre entre créateurs et publics, il s'agit de revivifier (...) une démarche permanente de questionnement critique indispensable à l'existence même de la démocratie ». Jean Duvignaud est élu président d'honneur, et, parmi les sept membres fondateurs de l'association, figurent Chérif Khaznadar et Paul Virilio.

En 2006, deux conventions sont signées par le président du Centre Intermondes. L'une, avec la ville de la Rochelle, lui attribue les locaux de la Maison Henri II et le financement de leurs aménagements. Elle met aussi à disposition de l'association deux agents de la direction des affaires culturelles, Renaud Planade auquel succède en 2008 Édouard Mornaud, et Vincent Martin. Statuts et aménagement des locaux doivent beaucoup au directeur des Affaires culturelles de La Rochelle, Jean-Pierre Heintz, et à un ancien directeur de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny, Claude- Olivier Stern. Le 9 février 2006, une autre convention est signée avec la Maison des Cultures du Monde, dans le bureau du député-maire Maxime Bono, par les deux présidents Émile Biasini et moi-même. Cette convention est signée en présence de Chérif Khaznadar et de Françoise Duvignaud. Jean Duvignaud, qui n'a pu se déplacer le jour de la signature rédige un texte lu par Françoise : « voilà des années, Michel Crépeau... quand il préparait la création de l'université, a souvent évoqué le pari qu'il faisait d'un centre ouvert à la Chine, au Brésil, à l'Afrique, où s'élaborerait peu à peu cette complicité internationale de l'imaginaire des cultures, seule réponse au fanatisme et aux stupides « chocs des civilisations ». Une promesse de bonheur dont Saint-Just disait que c'était une idée neuve. Bientôt, avec le printemps, j'espère que nous en reparlerons ensemble. La Rochelle est une ville en attente et en partance ». Le 17 février 2007, Jean Duvignaud nous quittait.

Les activités du Centre Intermondes ont commencé à naître. Les premiers artistes accueillis en résidence dans les locaux de la Maison Henri II arrivent à partir de septembre 2005. En cette fin d'année 2005, ces artistes proviennent du Cameroun, d'Australie, du Brésil et d'Irak. Dix ans plus tard, plus de 250 artistes ont résidé dans les locaux du Centre Intermondes. Ils sont originaires d'une cinquantaine de pays et proviennent en majorité de différents pays européens, mais aussi d'Asie, où l'Inde et la Chine occupent une place de choix. Du continent américain dans son ensemble proviennent près du quart d’entre eux. Puis l'Océanie, l'Afrique et le Moyen-Orient affirment leur présence. Certains de ces artistes ont d'ailleurs tenu à apporter leur témoignage pour montrer à quel point leur séjour au Centre Intermondes a joué un rôle dans l'évolution de leur parcours artistique et professionnel.

Différentes manifestations donnent matière à la tenue de débats et les interventions émanent surtout d'artistes et d'acteurs de la politique culturelle qui évoquent avec le public les raisons et les objectifs de la création. Dès 2004, certains de ces débats sont engagés afin d'aider à la réalisation d’échanges d'artistes. La liste des intervenants est impressionnante même si tous n'ont pas obligatoirement résidé dans les studios du Centre Intermondes. Il est difficile d'attirer l'attention sur certains d'entre eux plus que sur d'autres mais on peut relever quelques prestations exceptionnelles comme celle de Paul Andreu, de Paul Virilio, de Claude Hudelot, de Jean-Paul Duviols, de Betty Midlin, de Wajdi Mouawad, ou d'André Lewin. À ce propos, la conférence d'André Lewin, ancien ambassadeur de France en Inde, donne au Centre Intermondes l'opportunité de lancer à La Rochelle une série de plus de 75 manifestations intitulées « Les escales indiennes ». L'architecte Paul Andreu, ainsi qu’Alain Vauthier, évoquent pour leur part la Chine autour de l'Exposition universelle de Shanghai au moment de l'implantation de l'Institut Confucius à La Rochelle. Benoît Paumier sensibilise le public et les artistes rochelais autour de la tenue des « Saisons croisées France Vietnam »...

À partir de 2009-2010, plusieurs accords et conventions sont signés par le Centre Intermondes avec des institutions étrangères pour aider à la validation des échanges d'artistes. Tel est le cas au Brésil, en Australie, en Indonésie, en Thaïlande ou à Singapour. D'autres conventions concernent des centres du réseau culturel français à l'étranger, notamment certaines Alliances françaises comme celle de Bombay ou celle de Pondichéry en Inde ainsi que, tout récemment, celle de Manille aux Philippines. Le Centre Intermondes est même retenu comme l’un des acteurs privilégiés de la coopération décentralisée par des ambassades françaises et le ministère des Affaires étrangères, comme le montre l'organisation des Escales indiennes. Il peut aussi être un des interlocuteurs des conventions établies entre le ministère des Affaires étrangères et la ville de La Rochelle ainsi que le révèlent les manifestations de coopération décentralisée organisées avec la ville de Corrientes en Argentine ou la venue d'artistes africains et haïtiens grâce au concours de l'Institut français. Au demeurant l'établissement de tels réseaux de partenariat facilite le déplacement et l'accueil des artistes rochelais dans plusieurs pays étrangers. Ils sont aujourd'hui une quinzaine à connaître les horizons de l'Australie, de l'Inde, du Brésil, de l'Indonésie, de la Thaïlande ou des Philippines.

Depuis 2015, avec le soutien du Conseil régional accordé au Centre Intermondes, ce déplacement et cet accueil d’artistes étrangers à La Rochelle et des artistes rochelais à l’étranger, peuvent être étendus à un nouveau territoire couvert par l’ensemble des acteurs de toute la Région Poitou-Charentes. Ainsi, le Centre Intermondes est-il entré dans le réseau CARTEL qui fédère vingt et un lieux d’art contemporain en Région Poitou-Charentes.

Mais le Centre Intermondes n'est pas seulement un lieu privilégié d'échanges où interviennent les artistes et les acteurs de la politique culturelle autour de la création et où toutes les manifestations sont construites en partenariat avec d’autres institutions culturelles, artistiques et éducatives.

Grâce à la collaboration de l'université de La Rochelle, des enseignants et étudiants du Master Développement culturel de la ville, plusieurs colloques et rencontres ont permis de confronter les différentes politiques engagées par les centres urbains et les métropoles régionales sur les politiques culturelles des villes, notamment celles de Bordeaux et de Nantes. De « L’école buissonnière avec Jean Duvignaud » et de la personnalité de Gaëtan Picon à la commémoration du 30e anniversaire de la création de la Maison des Cultures du Monde, nombre d’aspects des politiques culturelles de la France sont évoqués.

Avec le concours du Centre Intermondes et du Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA), commun aux universités de Nantes et de La Rochelle, et des formations rochelaises sur les Amériques et l'Asie Pacifique, dont l'institut Confucius, plusieurs approches des échanges culturels internationaux font l'objet d'analyses. Elles concernent les échanges culturels entre la France, le Brésil, le Québec-Canada, l'Inde et la Chine. Plusieurs publications témoignent de l'originalité de ce nouveau champ de recherche. Le Centre Intermondes est aussi partie prenante de la nouvelle formation de Master Image, Documentaire et Contenus Numériques qui vient d’être créée à l’Université de La Rochelle.

Ainsi, avec la création du Centre Intermondes, La Rochelle est devenue l’un des nouveaux lieux d'accueil des artistes étrangers en France. Et la ville est aussi devenue un des terrains d'expérimentation du dialogue des cultures, véritable laboratoire de l'analyse des échanges et rencontres entre la France et les cultures du monde.

Cet ouvrage, publié à l'occasion du 10e anniversaire de l'accueil des artistes en résidence dans les locaux du Centre Intermondes, réalisé grâce à Édouard Mornaud avec la collaboration de Francesca Giazzon et de Julia Jourdain, présente les différentes manifestations qui ont marqué nos activités depuis sa création.


Guy Martinière,

Président du Centre Intermondes,

Professeur émérite des Universités.                                                 

 
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