Edito de Laurent Vidal , président du Centre Intermondes • Ressources

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Les mots de Laurent Vidal face à la Covid19 et les répercussions sur le monde culturel.

Depuis quelques mois, l’actualité mondiale est presqu’entièrement mobilisée par la lutte contre la Covid19. De confinement en couvre-feu, de vaccins en vaccination, de conseils scientifiques en conseils de guerre, nos vies alternent entre attente angoissée et appels à l’accélération. Il paraît que le bout du tunnel est pour l’automne ! Mais à condition de maintenir théâtres, cinémas et autres espaces culturels durablement fermés pour permettre aux gouvernements d’administrer des vies qui, à force d’être réduites à l’essentiel, apparaissent dans leur nudité la plus crue.

Au cœur de cette pandémie mondiale, le Centre Intermondes veut redonner toute sa place à la création artistique, fidèle à l’injonction du poète Ferreira Gullar : « l’art existe parce que la vie ne suffit pas ». Tels « des rêveurs perplexes et lents » (Eugenio de Signoribus), les artistes nous aident à entendre, sous l’événement majuscule, le bruissement d’autres événements. En introduisant du silence et de la durée, l’acte artistique impose un changement de rythme qui ouvre le champ du politique. Alors que les actions des gouvernements tendent à réduire la vie à une question de sécurité (publique ou économique), la création artistique est appelée à reprendre place dans la cité pour y jouer son rôle émancipateur. Il s’agit tout à la fois de desserrer l’étau des contraintes, pour ne pas céder au diktat d’un temps encadré par de seuls impératifs d’efficacité et expérimenter une extension des domaines du possible de la vie.

La Rochelle – printemps-été 2021 : c’est depuis cette encoignure de temps et d’espace, que le programme du Centre Intermondes veut participer à cette tâche immense :  expérimenter d’autres manières d’habiter un monde abimé.