Paroles d’artistes • Ressources

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Les artistes nous ont confié leurs souvenirs, émotions ou sensations .

Voici leurs mots :

Françoise Dô

« Après un premier séjour, trop court, en septembre 2019, La Rochelle s’est imposée à moi comme ville maritime par excellence, tournée vers la mer, grâce à ses citoyens, du fait de son Histoire, sa géographie, son économie, son industrie, jusqu’à son rapport au monde. Elle m’apparaît comme l’endroit qui permettrait d’élargir mes recherches sous d’autres axes et d’autres horizons.

A bien vite pour un voyage à travers les souvenirs de la ville ! »

« Ça fait un an !

Leticia Lopez

« Ça fait un an !

I’m writing this brief e-mail because I remembered that it was in this same day, exactly 1 year ago, that j’ai embarqué dans l’avion me mènerait à l’expérience la plus transformatrice de ma vie ✈

Je ne peux pas exprimer la gratitude que je ressens. The time I had the chance to spent with you and all the crew was free from any defect, it was without any doubt, perfect – and look, I’m not a fan of perfect things, but I can’t find a better word to describe it! Je crois that you heard it many many times, but the program that you run at Centre Intermondes is incredible in its quality and support for young artists like me, what I could accomplish while in residence, what I could evolve and learn from La Rochelle, from France, from others and from myself, being an étranger, was of immense value pour moi.

J’espère que pendant cette période confuse que nous traversons, all you guys are well and healthy, and doing what you love the most – that’s the only thing that matters. I send you a photograph of my atelier’s wall, with the treasure that you so kindly gave me. It really is embedded with a powerful energy, autenthic, ancient – its very inspiring. Everytime I look at it I think of some time and place to refugee, and I inevitably come back to Maison Henry IV, those white streets and sunny days; think of you avec estime et affection. Merci, merci, merci pour tout.

And, of course, I don’t need to say, if you ever need anything, if you ever need a true friend or whatever, count on me always.

Salut – avec champagne authentique! »

David Ceccon

« Ceci est une note personnelle fondée sur des écrits que j’ai trouvés dans mon carnet de croquis lors de ma période de résidence au Centre Intermondes :

Lorsque je suis arrivé à La Rochelle, j’étais quelque peu nostalgique car je faisais face, à l’époque, à une perte personnelle. Mes premiers jours furent marqués par de longues promenades autour de la ville. C’est pendant ces excursions que j’ai découvert la cathédrale. Je n’ai jamais été une personne religieuse, cependant j’ai découvert dans cette église un message très personnel pendant cette période difficile.

L’église est alors devenue pour moi un endroit de repos, où le temps s’arrêtait, un endroit avec lequel je n’avais ni souvenirs, ni connections. Je me rendais à l’église seulement lorsque j’avais besoin d’avoir du silence et d’être seul et distant. Peut-être que l’église est le seul endroit où le silence est respecté de manière sacrée. Lorsque j’y suis entré pour la première fois, j’ai été accueilli par une solitude avenante et une immobilité collective. A l’intérieur de l’église, la ruée de l’extérieur et le temps qui passe n’ont aucune emprise – entre ses murs à été préservé un phénomène intemporel et immatériel. (une présence de verre et de pierre.)

Je me souviens de m’être assis sur un banc en regardant les vitraux pendant de longues minutes. Je suis tombé amoureux d’un vitrail en particulier. Un soldat. Je suis retourné tous les jours pour regarder ce vitrail. Les rayons du soleil qui passaient à travers cette fenêtre de pierre faisaient briller le soldat… C’était une expérience irréelle. »

 

Estela López Solís

« La Rochelle, le jour, la nuit. Le jour… la pierre éblouissante. Marcher dans la ville, découvrir sa blancheur. Se demander quelles mains ont bâti cette beauté perdurable (qui garde la mémoire des noms effacés, écrasés par l’histoire?) Flotter sous la lumière de midi, se croyant un fantôme tout comme les autres passants. La nuit… la noirceur, l’opacité du sommeil. Comment mesurer le temps insaisissable des rêves? Rencontrer les ancêtres en errant dans une ville qui est toutes les villes confondues. Retourner aux lieux, aux gens, aux objets du jour, transfigurés, alourdis par un symbolisme insoupçonné. Se délester au réveil de bien des trésors cueillis, avec espoir que la lumière diurne de La Rochelle nous soulève à nouveau. »

 

Nicolas Derne

« …PARTOUT…

PARTOUT, un mot danse sur toutes les langues…

Des milliers d’années passées à tenter de se différencier…

Aux quatre coins du monde nous avons tracé des frontières, séparé des peuples, partagé des montagnes…

Pourtant, PARTOUT des humains, PARTOUT biologiquement identiques.

L’été dernier j’ai eu la chance d’être accueilli en résidence de création au Centre Intermondes de La Rochelle. J’ai pu continuer une série de photo autour de réflexions que je mène depuis quelques années autour de notre rapport à la nature. Mais au delà de l’expérience professionnelle, une belle expérience humaine ou faisant fi des frontières et des différences je me suis PARTOUT senti chez moi, comme jadis en voyage. »

 

Andrise Pierre

« J’avais trouvé le deal parfait : voyager le jour, écrire la nuit. Il y’a trop à découvrir dans cette ville (la Rochelle) pour s’enfermer.
Entres les musées, la Médiathèque vous me trouverez sur le port en train de nourrir les pigeons. C’est créer aussi.
Et puis est venu le temps du confinement. Le temps du chacun chez soi. Moi, je réside au Centre Intermondes, Chambre Girafe. Corésident zéro.
L’imagination ne connaît pas d’enfermement, il faut apprendre à créer autrement. »

 

Thierry Girard

« Un écrivain, un photographe, un artiste ne connait jamais l’ennui. Il peut avoir des moments de doute ou de mélancolie, mais pour ce qui me concerne le temps du confinement ne suffira pas à boucler tout ce qui est en cours ou rattraper tout ce qui est en retard. Et en plus, on en rajoute, comme ce journal (non confiné) de la pandémie que je tiens chaque jour sur Facebook et dont j’ai rassemblé les deux premières “saisons“ sur mon blog. Plutôt que de parler de moi dans ce qui serait un journal du confinement, je préfère continuer à m’inquiéter de l’état du monde en distillant quelques réflexions parfois sérieuses, parfois plus amusées ou ironiques que j’illustre à partir de mes archives photographiques. Ces archives sont aussi des invitations au voyage dans l’espace et dans le temps, en attendant le retour des vrais voyages, comme celui qui m’est promis au Mexique. »

 

Marzena Sowa

« Une résidence d’artiste, c’est comme partir dans l’un des meilleurs voyages possibles. C’est se poser dans un nouvel endroit, l’explorer, découvrir de nouvelles personnes, échanger avec elles, sortir de ses habitudes, apprendre de nouvelles choses, s’inspirer, se ressourcer. Se concentrer sur le temps précieux de la création. Partager son travail avec d’autres artistes-résidents (écrivains, peintres, poètes, artistes contemporains, compositeurs, danseurs, sculpteurs). C’est un moment très privilégié. Totalement unique. »